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Stress post-traumatique : depuis les attentats, une vraie maladie

  • Photo du rédacteur: Clémence De Lacheze Murel
    Clémence De Lacheze Murel
  • 14 nov. 2017
  • 3 min de lecture

The Screaming (Edvard Munch), screenprint of Andy Warhol, 1984

Ce trouble consécutif à un événement traumatique était plutôt méconnu du grand public, jusqu'à la vague d'attentats terroristes qui a touché la France. Un changement d'échelle et la fin d'un tabou qui permettent aussi aux chercheurs d'améliorer la prise en charge.

Deux ans après le funeste mois de novembre 2015, on n'a jamais autant parlé de "stress post traumatique". Il n'existe pas de chiffres officiels permettant d'évaluer combien de personnes souffrent de ce syndrome exactement : les bilans qui circulent tiennent compte des blessés, des morts, mais pas des victimes psychologiques des attentats. Pourtant le terme s'est frayé un chemin jusqu'au grand public : il apparaît dans les médias, et de plus en plus, dans les cabinets médicaux.

On parle aujourd'hui davantage de ce syndrome de "stress post-traumatique" (parfois mentionné sous les initiales ESPT) parce qu'avec ces vagues d'attentats, il touche un nombre de victimes sans précédent, mais aussi parce qu'il est aujourd'hui mieux reconnu et mieux diagnostiqué. Au point que ce changement d'échelle permet une meilleure prise en charge. Avec davantage de malades identifiés, les chercheurs ont aujourd'hui plus de marge de manœuvre et plus de patients pour expérimenter des traitements.

Commençons par définir ce trouble : le syndrome de stress post-traumatique est un état pathologique, consécutif à une situation violente ou difficile. Catégorisé dans les "troubles anxieux", il diffère de la réaction aigüe au stress quand les symptômes persistent (plus de trois mois).

Parmi les symptômes les plus fréquents cités par le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), qui reste le manuel référence de classification des maladies psychiatriques, on peut citer :

  • l’intrusion : les souvenirs viennent hanter le sujet, sous forme de flashbacks ou de cauchemars

  • l’évitement : le sujet évite les situations qui pourraient lui rappeler l’événement, ce qui peut créer une insensibilité émotive, une perte d’intérêt ou encore une perte de mémoire

  • l’hyper-stimulation : le sujet est en état d’hyper-vigilance qui l’empêche de mener à bien ses activités

Un an après les attentats du 13 novembre 2015, le professeur Bruno Millet expliquait sur France Culture que le syndrome de stress post-traumatique pouvait se développer chez toute personne "directement confrontée à la mort ou ayant côtoyé de près cette violence, ce risque vital."

Dans un article pourtant antérieur aux attentats de 2015, intitulé "L’état de stress post-traumatique en construction et en déconstruction" le psychiatre Yann Auxemery précisait :

"Les événements traumatiques remettent en question les lois fondamentales de la culture humaine dans leurs émancipations d’avec la nature. C’est pourquoi les traumatismes intentionnels sont particulièrement pourvoyeurs de trauma du fait de la transgression d’une assise sociale qui unissait les hommes au sein d’une confraternité d’état."

Comment les victimes peuvent-elles se soigner ? Toutes les thérapies qui existent actuellement visent à atténuer le caractère traumatique du souvenir, mais le choix de la méthode est assez vaste : thérapie comportementale cognitive, traitement médicamenteux, hypnose... La méthode la plus employée à ce jour sur les victimes d'attentats est la thérapie américaine de l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing). Elle consiste en une stimulation oculaire visant à retraiter l’information traumatique pour en amoindrir la charge émotionnelle. Le psychiatre David Servan-Schreiber, qui a introduit la méthode en France et préside l’association EMDR-France, explique dans Psychologies le mécanisme à l'œuvre :

"Chaque événement douloureux laisse une marque dans le cerveau. Celui-ci effectue alors un travail de “digestion” permettant aux émotions qui accompagnent le souvenir de se désactiver. A moins que le traumatisme ait été trop fort ou ait frappé à une période où nous étions vulnérables. Dans ce cas, les images, les pensées, les sons et les émotions liés à l’événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Dans l’EMDR, le mouvement oculaire “débloque” l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète son travail."

Découverte en 1987 à Palo Alto par la thérapeute Francine Shapiro qui réalise que balayer un paysage du regard atténue ses propres angoisses, cette thérapie a longtemps été controversée. Mais elle rencontre actuellement un regain d’intérêt, notamment en France, et auprès des victimes d'attentats. Ses résultats semblent d'ailleurs aujourd’hui suffisamment probants pour qu'elle soit reconnue par plusieurs instances médicales (l'Inserm en 2004, la Haute Autorité de la Santé en 2007 et l'OMS en 2012). Comme le mentionne Libération dans un article sur le sujet, à ce jour plusieurs dizaines de victimes du 13 novembre auraient eu recours à cette technique. Et les résultats seraient convaincants. (...)

(Pour accéder à l'article complet cliquez ici)

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